lundi 27 avril 2009

I can't wait!

Il y a des semaines comme celle-ci qui commencent sous les meilleurs auspices…

Bon d’accord, le fait que, cette semaine, vendredi arrive dès jeudi, que l’on ne travaille que 4 jours et qu’en plus ce soit la semaine qui ouvre le grand bal des jours fériés du mois de mai n’y est pas étranger.

Mais la vraie bonne nouvelle, celle qui me fait trépigner, c’est que jeudi soir nous allons chez Itinéraires en amoureux…

dimanche 19 avril 2009

Le Chateaubriand – 31 mars 2009 – Happy Birthday T. !


129, Avenue Parmentier
75011 Paris
Tél. 01 43 57 45 95
M° Goncourt

«Mon premier est… »

Par une charade approximative, j’avais fait deviner à T. le lieu de notre rendez-vous pour sa soirée d’anniversaire. Après avoir musardé du côté de la récente boutique de chocolats et caramels de Jacques Genin (*), j’ai retrouvé T. au Murano pour prendre l’apéro.

Si j’avais un a priori plutôt négatif sur cet hôtel branché du boulevard du Temple, le bar m’avait néanmoins été chaudement recommandé et je me souvenais avoir lu de bonnes appréciations sur le brunch du dimanche. Ne restait plus qu’à aller voir ! Bilan : entre la décoration toute blanche et réfrigérante du hall, le bar minuscule, le service vite débordé et les prix élyséens, je ne vais pas m’étendre…

Peu importe, la surprise pour l’anniversaire de T. n’était pas le Murano mais Le Chateaubriand, à quelques rues de là, où nous rêvions d’aller depuis longtemps et où nous avions jusqu’alors échoué à réserver.

Rue Parmentier, du côté de la station Goncourt, une façade en vieille tôle qui appelle le regard et invite à s’attarder. Dès l’entrée, le ton est donné : le cadre est brut, sans ambages: la salle, d’un seul tenant, est animée, bruyante même, avec son sol en vieux carrelage et ses murs couleur jaune nicotine qui rappellent ceux d’un vieux bar PMU. Seuls éléments de décoration : un joli bar et un grand tableau noir où sont inscrits à la craie le nom des producteurs avec lesquels le restaurant travaille. Cela a le charme réconfortant d'un décor de film des années 60-70, la fumée de cigarettes en moins.

Les serveurs ont tous la barbe de quelques jours et un petit air à la Corto Maltese. La barbe comme uniforme de brigade, c’est un style inédit qui va bien avec le lieu.

Le serveur nous rappelle d’emblée qu’il n’y a pas de carte et que c’est un menu dégustation, avec de nombreux plats de taille réduite. Rassurez-vous, nous en sommes sortis rassasiés.

La succession de plats était de mémoire la suivante :

Pour amuse-gueule, le tofu de poisson, jus de radis vert et radis en rondelle était intrigant.

Suivaient, en entrée, des morceaux de foie gras pochés dans un bouillon de pommes et parsemés de pavot, mini agrumes, kumquats, petits navets blancs et jaunes (dits « boule d’or ») : c’était à la fois savoureux et visuellement ensoleillé.

Puis un dos de cabillaud était accompagné d’asperges, de petites pousses d’oignons verts et d’un trait de purée d'épinards évoquant l’amertume des thés verts japonais.

L’agneau de lait était lui servi avec de petits anchois et un trait de purée d’aubergines fumées. La viande était tendre et goûteuse à souhait et la purée avait une saveur inédite et très agréable.

Contrairement à mon habitude je n’attendais pas le dessert avec impatience. Mon côté « sweet tooth » peut se contenter de desserts simples mais l’annonce d’une glace à la menthe accompagnée de meringue ne titillait ni ma gourmandise ni ma curiosité. Mea culpa… La quenelle de glace à la menthe était accompagnée d’une meringue nature, d’une meringue au pesto, de pesto glacé et d’une tuile en chocolat. Dessert tout en oppositions: le croquant du chocolat répondait au fondant de la glace, le pesto glacé légèrement salé rehaussait la saveur sucrée de l’ensemble. La glace, quant à elle, n’était que douceur et suggestion, une infusion légère de menthe glacée

A l'image du cadre, il n'y a aucune esbrouffe dans la cuisine d'Inaki Aizpitarte: les assiettes sont limpides, les goûts subtils ; les associations d'ingrédients sont inattendues, les saveurs inédites, si bien qu'elles réveillent l'attention et font réfléchir les gourmands, trop heureux d'être enfin un peu secoués.

Vins : Les vins sont naturels. Pour les produire, les vignes sont travaillées au plus près de leur terroir, impliquant dans la mesure du possible une absence de produits chimiques. Le vin exprime ainsi le goût propre du cépage grandit sur un terroir particulier, sans tentative d’adaptation au goût actuel. Mon palais n’y est pas forcément habitué. Mais j’y travaille…

Et l’addition dans tout ça ? 45€ plus le vin

A noter : Que les têtes en l’air ou les allergiques de la réservation un mois à l’avance se rassurent : en semaine, le deuxième service est sans réservations !

Un air de… « Vincent, François, Paul et les autres » (1974), de Claude Sautet. En fermant les yeux, on les imagine tous, assis à une grande table, le verbe haut, tirant sur leurs cigarettes, trinquant, savourant les plats qui défilent et partant soudain d’un grand éclat de rire contagieux…

Et le cadeau me direz-vous ? T. n'avait pas de tablier de cuisine à elle, rien qu'à elle, couvert des tâches de diverses préparations qu'elle aurait elle-même cuisinées... Le mal est réparé! Il est rose framboise et magnifique! Désormais, c'est le défilé de mode en cuisine: vert pour moi, rose pour elle...
Bon, pour ne pas paraître macho, je lui ai également offert un sac à main. Que j'ai choisi tout seul, oui Monsieur, et qui lui a plu, tout à fait!

Jusqu’alors Jacques Genin n’avait qu’un « atelier » dans le 15e qui fournissait quasi-exclusivement hôtels et restaurants (notamment, me semble-t-il, le caramel mangue-passion servi avec l’addition du Comptoir du Relais. Je m’en souviens encore alors que nous y sommes allés au mois de novembre, c’est dire s’il était bon). Il a ouvert il y a peu de temps une boutique / salon de thé située au 133 rue de Turenne, 75003 Paris. Les ganaches sont excellentes, les boîtes en fer très jolies, les pâtisseries ont l’air sublime… Fermez les yeux sur les prix et courrez-y!

vendredi 10 avril 2009

Dell'Orto – 04 avril 2009



45, Rue St-Georges
75009 Paris
Tél. 01 48 78 40 30
M° St-Georges


C’est en sortant d’un concert de Mayra Andrade que j’ai fait découvrir à T. le restaurant italien Dell Orto. Une fois n’est pas coutume, nous étions pressés, devions aller à un anniversaire après, nous sommes mille fois excusés auprès de la serveuse d’activer la cadence, nous sommes insultés d’avaler plutôt que de déguster, et nous sommes surtout promis de revenir, prendre le temps d’en profiter.

Nous y sommes donc retournés un samedi soir, en compagnie de mon ami Bertrand et de sa douce, qui se marient cet été.

Deux petites salles agréables et joliment décorées. Dans l’une d’entre elles se trouve une table ronde de 6 personnes, ce que je préfère de loin aux tablées toutes en longueur où finalement on ne voit que ses voisins immédiats.

Le service, aux petits soins comme à chaque fois, conseille habilement le vin et vous laisse le temps d’apprécier tranquillement les plats.

En entrée, la mozzarella de bufflonne, fondante à souhait, était accompagnée de tomates confites dont l’acidité venait en rehausser la douceur: un petit bonheur! Dans l’assiette de ma voisine, le carpaccio de bœuf « au couteau » à l’huile de truffe était savoureux et équilibré, l’huile de truffe justement dosée pour ne pas venir écraser le goût du bœuf mariné.

Pour le plat j’ai opté pour un classique, les Tagliolini aux palourdes. Je sais maintenant grâce à Bill Buford (*) que les palourdes sont principalement là donner du goût à la sauce. Ca ne m’a pas empêché de les manger consciencieusement… Les Gnocchi à la crème de parmesan et potimarron étaient bonnes mais très crémeuses justement, ce qui n’était pas ce dont j’avais envie ce soir là. Je ne connaissais pas encore suffisamment la promise de Bertrand pour piquer dans son plat mais je sais pour les avoir déjà essayées que les Tagliolini aux langoustines, bisque de langoustines et tomate fraîche sont à tomber!

Encore une petite place pour le dessert ? Deux desserts pour 4 cuillères : le tiramisu était plus crème que biscuit et j’avoue que je préfère lorsque les deux s’équilibrent, liés ensemble par le marsala. La mangue poêlée au beurre salée n’est pas très italienne mais peu importe, elle semblait bien petite une fois terminée.

Et l’addition dans tout ça ? 60 € environ avec le vin et café/tisane.

Sur un air de ... Mayra Andrade justement! Un air joyeux, envoûtant, chaloupé, un brin languide, qui donne envie de profiter de l’instant, sans se presser, de se resservir un verre de vin, de rire doucement dans les premières douceurs du printemps… En attendant l’été!

« Lua » par exemple dont les premières paroles en français seraient :

« Lune, reste encore un peu auprès de moi,
Laisse-moi me coller contre toi,
Eclaire-moi de ta douce lueur!
Lune, combien de temps cela fait-il
Que tu éclaires le monde du Nord au Sud?
Que tu offres ta lumière aux Noires comme aux Blanches ? »


Entrées
Carpaccio de filet de bœuf « au couteau » à l’huile de truffe, salade de roquette 18€
Terrine de foie gras et mangue fraîche 16€
Saumon mariné au citron vert et tagliatelle de fenouil 13€
Salade de lentilles et bulots 13€
Salade de tourteau, pamplemousse et lait de coco 16€
Tartare de thon et avocat à la coriandre 16€
Salade de poulpe chaud et pommes de terre au paprika 13€
Mozzarella au lait de bufflonne et tomates confites aux épices 13€

Plats
Gnocchi à la crème de parmesan et potimarron 18€
Tagliatelle aux ris de veau 26€
Tagliolini à la seiche, à l’encre de seiche et au piment d’Espelette 22€
Tagliolini aux palourdes 22€
Tagliolini aux langoustines, bisque de langoustines et tomate fraîche 22€
Stracci (petites feuilles de lasagne) au fois gras Maison parfumé au gingembre 26€
Risotto aux asperges vertes 20€
Aller-retour de thon et artichauts poivrade au cumin 22€
Sole façon saltimbocca avec épinards frais au parmesan 24€
Tortellacci farcis au gorgonzola et à la ricotta avec épinards frais 17€

Desserts
Tiramisu
Fondant minute à la fève de tonka et framboises
Panna cotta à la vanille bourbon
Mangue poêlée au beurre salé, glace à la vanille
Glaces

(*) Bill Buford, “Chaud brûlant” : récit très drôle d’un journaliste cinquantenaire qui décide de devenir marmiton dans un restaurant italien branché de New York puis d’aller apprendre la fabrication des pâtes fraîches en Italie et ensuite de travailler dans une boucherie en Toscane. Il y a notamment une scène hilarante où il décide d’acheter un porc entier sur un marché à New York et de le rapporter dans son appartement pour le découper et le cuisiner lui-même sur le principe du "tout est bon dans le cochon!"!

dimanche 5 avril 2009

Au bon Saint-Pourçain – 02 avril 2009


10 bis, rue Servandoni
75006 Paris
Tél. 01 43 54 93 63

Le restaurant Itinéraires que je souhaitais essayer étant complet, nous nous sommes retrouvés pour un dîner en famille Au Bon Saint-Pourçain, rue Servandoni, près de l’église Saint-Sulpice. Ma mère est arrivée avec de jolis coquetiers remplis d'œufs de Pâques. Oui, l'âge n'y fait rien, la tradition perdure pour mon plus grand plaisir et celui de ma soeur!

Une rue tranquille qui remonte vers le jardin du Luxembourg, une petite devanture entourée de fleurs, un intérieur qui ne paie pas de mine, voire qui a bien vécu, mais où l'on se sent tout de suite bien, chaleureusement accueillis par le patron et sa fille. Ils officient tous deux dans la petite salle d'une dizaine de table. Un petit restaurant des familles en somme, sans prétentions.

Au menu? Une cuisine de bistrot, simple et goûteuse, qui tient au corps, mais n'oublie pas ceux qui préfèrent des plats plus légers. La terrine de lapereau en entrée était savoureuse, le magret de canard servi avec une sauce crémeuse et un gratin dauphinois revigorant et la crème brulée, bien qu'un peu trop sucrée, était ce qu'il fallait pour conclure. De son côté, ma sœur était ravie du tian de légumes et de la sole grillée.

Et l'addition dans tout ça? 40 € sans le vin, ce qui n'est pas donné donné pour des portions certes généreuses mais une cuisine simple malgré tout.

Sur un air de... de Jeanne Moreau chantant « Le tourbillon de la vie » dans Jules & Jim ; une ritournelle guillerette, entraînante et un peu désuète :
« On s'est connus, on s'est reconnus,
On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus d'vue,
On s'est retrouvés, on s'est réchauffés
Puis on s'est séparés »

Quelques exemples des plats à l'ardoise:

Entrées
poireaux vinaigrettes, terrine de lapereau, tian de légumes, rosette de Lyon, fromage de tête
Plats
souris d'agneau, magret de canard, sole grillée
Accompagnements: pommes à l'eau, riz, gratin dauphinois, haricots verts
Desserts
crème brulée, tarte Tatin, compote pomme-poire

Vins: une ardoise propose 5 ou 6 vins: Saint-Pourcain à 15 € (eh bien oui, moi aussi je pensais que le Saint-Pourçain était un fromage. Erreur! C'est un vin d'Auvergne (cliquez ici pour plus d'informations). L'erreur vient sans doute du fait que Saint-Pourçain sonne comme un mariage entre « Boursin » et « Saint-Marcelin"...); Irancy à 20€ comme le reste des vins de la carte.